LES ORIGINES
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Le sheng
Le plus vieil ancêtre de l'accordéon : orgue à bouche chinois de -2 700 av. J.C. en Chine, instrument polyphonique (= capable de jouer plusieurs sons simultanément) religieux à anche libre (= lamelle de roseau ou de métal dont l'une des extrémités est fixée sur un châssis où une fente, appelée fenêtre, est percée pour l'air, et dont l'autre vibre sous l'effet de l'air « inspiré »).
-2500 environ, apparition d'instruments similaires en Asie :
-sompoton sur l'île Bornéo (entre Malaisie et Indonésie)
-khène au Laos
-sho au Japon
-Sahn au Vietnam
-Kyen en Birmanie
Utilisation du sheng dans les orchestres de cour et de théâtre en Chine ancienne.
1777 : introduction du sheng en Europe par le Père AMIOT
Le musicien bouche les trous des notes qu'il veut faire sonner.
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l'accordéon
6 mai 1829 : dépôt du brevet par Cyrill DEMIAN (1772-1847), un Autrichien d'origine arménienne, sous le nom de « accordion ».
instrument à anches libres, petite boîte constituée de très peu d'accords en MG (6 ou 8).
1830 : introduction en France, des facteurs d'instruments améliorent le système comme Monsieur BUFFET, plaçant le système harmonique en MG et le mélodique en MD.
1840 : prix varie de 10 à 200 francs-or (= équivalent d'une calèche sans chevaux pour l'époque !), fureur auprès des jeunes filles aisées dans les salons de l'aristocratie car petit, léger et très esthétique mais aussi des hommes comme le roi Louis-Philippe, mais aussi auprès de l'élite des Arts comme Honoré de Balzac.
1842 : prend officiellement le nom d'« accordéon » en France.
1863 : Paolo SOPRANI fonde la 1ere industrie de l'accordéon à Castelfidardo (Italie), considérée comme le berceau mondial de l'accordéon. Dès lors : grande production d'accordéon par des fabriques allemandes et italiennes, très nombreuses exportations vers l'Amérique.
fin du XIXe : délaissé par la bourgeoisie, il connaît un grand succès auprès du peuple.
début du XXe, il inspire les chansonniers et les poètes.
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accordéon diatonique
technique : une même touche produit 2 sons différents, 1 en tirant et 1 autre en poussant, une douzaine de touches, donc une douzaine d'accords préparés en MG servant d'accompagnement à la MD, d'une étendue de maximum 3 octaves.
fin du XIXe : bref essor dans le monde entier
début du XXe : délaissé
1960's : relance et apogée grâce à la musique folk et traditionnelle (fest noz bretons, musiques cajun et slave...)
1980's : chanteurs populaires comme BREL et Renaud l'utilisent.
1990's : groupes comme la Mano Negra, les Négresses Vertes, Les Ogres de Barback ou encore Les Têtes raides l'utilisent.
références : Marc PERRONE et François HEIM
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concertina
1829 : dépôt de brevet par le physicien Charles WHEATSTONE en Angleterre.
instrument des classes moyenne et aisée car prix élevé, répertoire du XVIIIe joué.
fin du XIXe : baisse du prix et accès aux classes populaires
début du XXe : délaissé comme l'accordéon diatonique, en France on ne le trouve plus que dans les cirques.
utilisation de l'instrument par quelques compositeurs : Tchaïkovski pour sa 2e suite pour orchestre utilise 4 concertinas.
1960's : relancé grâce à la musique traditionnelle irlandaise et anglaise (cf Alistair ANDERSON)
trois sortes de concertina (ordre chronologique) : l'english, l'anglo (-allemand) et le duet.
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le bandonéon
fin 1840's : dépôt du brevet par le musicien et professeur de musique Heinrich BAND (1821-1860) en Allemagne de l'ouest, concertina amélioré car ajout de rangées en MD (au lieu d'allonger les trois déjà existantes comme l'avaient fait ZIMMERMANN et UHLIG).
aucun accord préparé, timbre clair dû à la forme des anches et aux 2 voix accordées à l'octave de chaque note.
d'abord utilisé dans les temples protestants pour remplacer l'orgue, apogée en Argentine au début du XXe dans le tango grâce à la maniabilité de son soufflet (très grand) et sa grande expressivité.
références : Astor PIAZZOLLA, Cesare STROCCIO, Juan-Jose MOSALINI, Anibal TROILO (« le professeur »), Eduardo AROLAS (« le tigre du bandonéon »).
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accordéon à touche piano
créé en 1850 et très joué en Amérique du Nord et en Europe de l'Est.
très pratique pour les pianistes (de 37 à 41 touches) mais inconvénient : long, lourd et restreint.
références : Frédéric DAVERIO et Jean-Luc AMESTOY.
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accordéon musette
1900 : accordéon = symbole des immigrés italiens qui viennent sur Paris (vagabonds, voyageurs...).
entrée dans les bals et remplacement de LA musette (sorte de cornemuse) jusque là emblème des musiques populaires et des danses depuis XVIIe à la cour de Louis XIV puis au XVIIIe avec Louis XV.
les Auvergnats et les Italiens créent un nouveau genre : LE musette.
précurseurs : Charles PEGURI, Emile VACHER, Médard FERRERO, puis après la 2nde GM, Gus VISEUR, André ASTIER, Joss BASELLI, Joë ROSSI, Jo PRIVAT et Marcel AZZOLLA.
nouvelles danses apparaissent : valse musette, paso-doble, java...
jusque dans les 1930's : apprentissage de l'instrument de bouche à oreille, dans la rue, les cafés..., basé sur la mémoire car pas encore de partitions de ces pièces dansantes ; puis les élèves profitent de l'expérience des anciens, on doigte les passages difficiles, on apprend la clé de fa et on suit sur une partitions.
1940 : prolifération des écoles et des cours privés d'accordéon.
1940-1950 : plus de 76 dépôts de brevet en France pour des améliorations de l'instrument ; synthèse de ces différentes propositions d'amélioration et stabilisation de l'instrument à 3 rangées MD et 4 rangées MG, gain en précision mécanique à l'intérieur mais perte de son luxe à l'extérieur (plus de bois) ; édition d'une quarantaine de méthodes pour la technique et la recherche de la qualité sonore.
1950 : l'accordéon est au sommet de sa production ; l'Italie expédie plus de 800 000 accordéons à travers le monde, dont 50% en Amérique, entre 1950 et 1955 ; la France importe un peu moins de 100 000 instruments et en exporte 15 000.
1960-aujourd'hui : procédés de fabrication se modifient sans arrêt. environ 140h pour faire un instrument de petite taille et peu élaboré avec 1 500 pièces intérieures, donc beaucoup plus rapide qu'avant (4 à 6 semaines au XIXe pour créer un modèle unique).
aujourd'hui jugé ringard mais très joué par une génération de bons jeunes.
références : Aurélien NOEL, Nicolas MASSOUTIE, Laurent DERACHE, Nathalie BOUCHEIX, Jérôme RICHARD, Eric BOUVELLE...
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accordina
inventé en 1938 par le français André BOREL, accordéoniste, instrument à bouche doté d'un clavier d'accordéon chromatique à boutons. 44 boutons sur trois rangées, soit une étendue de 3,5 octaves.
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mélodica
instrument à anches libres qui combine le souffle humain et un clavier de piano inventé par HOHNER vers 1959, généralement constitué de matières plastiques sauf les anches qui sont métalliques.
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accordéon chromatique
« accordéon de concert » en France, « bayan » en Russie, « appassionata » en Ukraine...
1930's : certains accordéonistes cherchent à développer et perfectionner l'instrument pour qu'il devienne un instrument concertant capable de jouer tous les styles de musiques. Ils expérimentent différents systèmes pour aboutir finalement à un clavier MG identique à celui MD, c'est-à-dire chromatique. On lui ajoute aussi une registration variée aux sonorités de plus en plus soignée. De ces différents essais aboutit l'harmonéon, créé par Pierre MONICHON en 1948, exclusivement chromatique (pas de BS) et grosses touches.
1er concert d'harmonéon par Alain ABOTT en 1959 : reconnaissance de l'instrument comme instrument concertant.
grandes possibilités techniques et expressives.
polyvalent car tous les styles sont jouables : jazz, traditionnel, baroque, classique, chanson, rock, contemporain, musette.
principe : deux anches identiques (avec peau en cuir) pour la même note pour qu'en tirant et poussant il y ait le même son.
accordage avec lime ou grattoir : en limant la base, le son descend, en limant l'extrémité, le son monte.
technique : le nombre de sommiers définit la tessiture de l'accordéon et du nombre de voix (de 1 à 5 voix) : petits modèles enfants comportent 2 vx alors que les grands modèles pour concertistes, comme les JUPITER et les PIGINI, comportent 5 voix.
MD comporte jusqu'à 5 rangées (les 2 dernières étant identiques aux 2 premières et servent à faciliter les doigtés), 15 registres et 7 mentonnières (registres « boîte » étant plus feutrés servent à faciliter les changements de registres en évitant les sauts et en les actionnant simplement avec le menton).
MG comporte jusqu'à 6 registres et 1 déclencheur permettant d'alterner les deux systèmes de basses : un Basses Standards avec deux rangées de basses et 4 rangées d'accords préparés (Majeur, mineur, septième de dominante et septième diminuée) et un Basses Chromatiques avec 4 rangées identiques à la MD, la 4e étant identique à la première et facilitant les doigtés, et 2 rangées de Basses Pédales.
références : Max BONNAY, Philippe BOURLOIS, Bruno MAURICE, Jean-Marc MARRONI, Richard GALLIANO, Daniel MILLE, Pascal CONTET... pour la France, et Friedrich LIPS, Alexandre SKLIAROV, Mika VAYRYNEN, Evgeny DERBENKO... à l'étranger.
compositeurs spécifiques à l'accordéon : Patrick BUSSEUIL, Philippe COQUEMONT, Pascal CONTET et Franck ANGELIS pour la France, Arne NORDHEIM et Tobjorn LUNDQUIST pour la Scandinavie, Wlatcheslaw SEMIONOV, Evgeny DERBENKO et Sofia GUBAIDULINA pour la Russie. Avant eux, des compositeurs avaient prévu une ou plusieurs parties d'accordéon(s) dans leur orchestre : TCHAIKOVSKI (Suite pour orchestre n°2), PROKOVIEV (Cantate Octobre, réf à la révolution d'octobre 1917), CHOSTAKOVITCH (L'Age d'or, ballet).
PROMOTION DE L'ACCORDEON
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Union pour la Promotion de l'Accordéon de Concert fondé en 1970 aide à :
-1980's : entrées progressives de l'accordéon dans les écoles de musique et les conservatoires
-1990's : création progressive de classes d'accordéon dans les ENM et CNR
-2002 : création d'une classe d'accordéon au CNSM de Paris avec BONNAY et BOURLOIS
·Apparitions de l'accordéon dans les médias :
-série
PJ avec Richard GALLIANO, Julie LESCAUT
-films
Amélie POULAIN avec Yann TIERSEN,
Albert est méchant avec Christian TOUCAS ou encore
Je vous trouve très beau
-concert « accordéonissi-mots » de Serge LAMA avec Sergio TOMASSI
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Quelques liens
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http://www.mustradlib.net/anches_libres_fr.php
-http://membres.lycos.fr/accordeon/accueil.htm